Les enfants se concentrent-ils mieux lorsqu’ils apprennent en plein air ? C’est ce que dit la recherche

La scène se répète dans de nombreuses classes en milieu de matinée : des regards qui s’échappent par la fenêtre, des stylos qui tapent et un enseignant qui répète pour la troisième fois le même slogan. L’idée d’emmener la classe dans la terrasse ou dans le parc semble presque magique, comme si le plein air suffisait à réactiver la concentration. L’attention en dehors de la classe s’améliore-t-elle vraiment ? Les preuves disponibles sont plus nuancées : prometteuses dans certains cas, limitées dans d’autres et loin d’être universelles.

Quelles études ont révélé sur l’apprentissage en plein air et l’attention en dehors de la salle de classe

Plusieurs équipes de recherche ont tenté de mesurer si le changement d’espace aidait les enfants à être attentifs. Une étude publiée en 2025 dans Recherche environnementale a observé 76 enfants âgés de 4 à 5 ans au cours de 954 séances, à l’intérieur et à l’extérieur de la classe. Il n’a constaté aucune amélioration globale significative de l’attention lorsqu’il sortait. Une nuance intéressante est apparue : les enfants qui partaient d’un niveau d’attention plus faible se concentraient un peu plus sur certaines tâches extérieures, c’est-à-dire que l’environnement n’affectait pas tout le monde de la même manière.

Un autre ouvrage, publié dans Frontières de la psychologie auprès d’élèves de 9 à 10 ans, il a remarqué les moments où l’enseignant devait interrompre le cours pour reconquérir l’attention du groupe. Après un cours en extérieur, ces interruptions étaient environ de moitié : une toutes les 6,5 minutes, contre une toutes les 3,5 minutes après un cours en salle. Un résultat frappant, même si les auteurs préviennent que toutes les mesures de participation ne se sont pas améliorées en même temps.

Pourquoi les résultats sont-ils si inégaux en termes de concentration chez les enfants ?

Lorsque de nombreuses recherches sont réalisées, le tableau devient plus complexe. Une revue systématique publiée dans Revue de psychologie éducativeont trouvé des résultats prometteurs pour l’attention sélective (la capacité de se concentrer sur quelque chose tout en ignorant les distractions) et pour la mémoire de travail. En revanche, les résultats sont mitigés pour une attention soutenue, qui permet de maintenir sa concentration longtemps.

À ce tableau variable s’ajoute une expérience menée auprès de 167 enfants de 7 ans qui n’ont pas trouvé d’amélioration significative d’un test d’attention après avoir pratiqué des activités dans des espaces verts par rapport à des espaces plus urbains. Il convient de rappeler que la plupart de ces travaux observent des associations et des comparaisons spécifiques : ils montrent que quelque chose change dans certaines conditions, et non que quitter la classe seule entraîne une amélioration stable chez tous les enfants.

Il convient de rappeler que la plupart de ces travaux observent des associations et des comparaisons spécifiques : ils montrent que quelque chose change dans certaines conditions, et non que quitter la classe seule entraîne une amélioration stable chez tous les enfants.

Qu’est-ce qui explique une telle différence ? L’âge, le point de départ de chaque enfant et surtout ce qui se fait dans chaque espace l’influencent probablement. Un enseignant qui profite de la cour de récréation pour une activité bien pensée n’est pas la même chose que de simplement transférer un morceau sur l’herbe.

Des idées simples à essayer à la maison et en classe

Avec cette photo en tête, l’extérieur cesse d’être une promesse miraculeuse et devient juste un autre outil, utile pour certains moments et certains enfants. Il s’agit d’options nécessitant peu d’efforts que les familles et les enseignants peuvent essayer d’ajuster :

  • Une courte pause active. Entre deux blocs de travail, deux à trois minutes de mouvement (sauter, s’étirer, un petit jeu) peuvent permettre de réinitialiser l’attention avant de revenir à la tâche.

  • Déplacez une lecture sur la terrasse ou dans le parc. Lire une histoire assis sur un banc, en plein air, change de contexte sans perdre l’objectif d’apprentissage.

  • Alternance de travail et de mouvement. Divisez une longue activité en courtes sections, avec de courts trajets entre les deux, au lieu de demander une immobilité prolongée pendant une longue période.

  • Observez et adaptez-vous. Observez la réaction de chaque enfant : pour certains, le changement d’espace les aide à se réengager ; d’autres se dispersent davantage avec des stimuli extérieurs. Tout le monde n’a pas besoin de la même chose.

Cour de récréation au coucher du soleil : petit groupe d'enfants de 9 ans lisant une histoire assis sur un banc, un enseignant guide avec geste, composition

L’espace ne remplace pas une bonne classe

Il y a une nuance qui traverse toute l’enquête et qu’il ne faut pas perdre de vue : l’environnement, à lui seul, ne fait pas de miracles. Une leçon en plein air ennuyeuse ou déroutante ne se concentre pas plus qu’une leçon bien conçue en classe. Ce qui retient l’attention, c’est avant tout un enseignement stimulant, clair et adapté à l’âge ; L’espace peut accompagner et, dans certains cas, aider, mais il ne remplace pas ce travail de fond.

Salle de classe avec fenêtre ouverte sur l'extérieur : professeur guidant une activité stimulante au tableau, élèves attentifs

Plutôt que de se demander si les enfants devraient toujours être retirés de la classe, la question utile en est peut-être une autre : quand et comment un changement d’espace ou une pause dans le mouvement peuvent-ils aider cet enfant en particulier ? Tester de petites propositions, observer la réponse et ajuster est une voie réaliste. Et si le manque d’attention d’un enfant est persistant, interfère de manière significative dans sa vie quotidienne ou s’inquiète à la maison et à l’école, il est raisonnable d’en discuter avec le tuteur et de consulter le pédiatre, qui pourra le guider sur les prochaines étapes.

Questions fréquemment posées

L’attention en dehors de la classe s’améliore-t-elle de la même manière chez tous les enfants ?

Non. Des études montrent que l’effet est inégal : certains enfants, en particulier ceux issus de niveaux de soins inférieurs, bénéficient un peu plus des activités de plein air, tandis que dans d’autres cas, aucun changement significatif n’est observé. L’environnement influence, mais il ne remplace pas une bonne activité et ne fonctionne pas de la même manière pour tout le monde.

A quel âge l’apprentissage en extérieur fonctionne-t-il le mieux ?

Il n’existe pas d’âge unique auquel l’effet soit clairement le plus marqué. La recherche porte sur les enfants d’âge préscolaire jusqu’aux adolescents et trouve des résultats prometteurs en matière d’attention sélective et de mémoire de travail à différents âges, mais des résultats mitigés en matière d’attention soutenue. Le facteur le plus déterminant ne semble pas être l’âge lui-même, mais plutôt la manière dont l’activité est conçue et ce dont chaque enfant a besoin à ce moment-là.