Les parents sont de plus en plus violents envers les enseignants et les directeurs. Comment les écoles peuvent-elles réagir ?

Les parents sont de plus en plus violents envers les enseignants et les directeurs. Comment les écoles peuvent-elles réagir ?

Certaines écoles privées ont commencé à demander aux parents de signer un code de conduite pour tenter de mettre fin aux comportements abusifs envers les enseignants.

Dans les médias, certains directeurs ont critiqué les parents pour leur sentiment de droit, pour avoir intimidé le personnel et pour avoir refusé d’admettre que leur enfant s’était mal comporté.

Les écoles publiques prennent également de nouvelles mesures pour tenter de lutter contre les parents violents.

Victoria et l’Australie-Méridionale ont introduit des lois donnant aux directeurs le pouvoir d’interdire l’accès des parents violents à l’école. Cela inclut l’interdiction des parents qui sont violents en personne, par courrier électronique, par téléphone ou sur les réseaux sociaux. La Nouvelle-Galles du Sud envisage également des lois similaires.

Pourquoi des mesures aussi fortes sont-elles devenues nécessaires ?

Quelle est la gravité du problème ?

Les parents doivent pouvoir remettre en question les décisions de l’école, faire part de leurs préoccupations et défendre les intérêts de leurs enfants.

Ce sont tous des éléments importants d’un engagement significatif des parents dans l’éducation. Mais les recherches montrent clairement que les comportements abusifs envers les enseignants sont en augmentation.

Depuis 15 ans, des enquêtes australiennes suivent les expériences des chefs d’établissement – ​​notamment les directeurs, les directeurs adjoints et d’autres hauts dirigeants. Il en ressort que les parents et les tuteurs constituent une source importante et croissante de comportements menaçants et abusifs.

En 2025, ils étaient identifiés comme source de près des deux tiers des menaces de violence signalées – en 2011, ce chiffre était inférieur à 25 %. En 2025, près de neuf cas de cyberintimidation sur dix à l’encontre de directeurs d’école provenaient de parents ou de tuteurs.

L’impact ne se limite pas aux menaces manifestes. Les recherches nous indiquent que les chefs d’établissement gèrent également les plaintes persistantes, les communications agressives et les attentes de disponibilité constante de la part des parents.

Les enseignants rapportent également des expériences similaires, notamment des demandes excessives de communication, des violences verbales et des comportements menaçants.

Pourquoi cela se produit-il ?

Au cours des dernières décennies, les attentes quant à ce que les écoles peuvent et devraient offrir aux élèves et aux familles se sont élargies. L’élargissement du choix et de la responsabilisation des écoles a également modifié la relation entre les familles et les écoles, avec des attentes accrues en matière d’accès, de réactivité et d’influence sur les décisions éducatives.

La recherche a identifié une relation plus orientée vers le consommateur avec les écoles. Pour les chefs d’établissement, cela peut signifier des attentes de réponses immédiates, des remises en question des décisions professionnelles, des demandes de résultats individualisés et des plaintes qui s’intensifient lorsque les familles ne sont pas satisfaites de la réponse d’une école.

La communication numérique a facilité la communication entre les familles et les écoles. Cela a également modifié la vitesse, la portée et les conséquences de ces interactions.

Par exemple, les préoccupations peuvent rapidement se déplacer vers les groupes WhatsApp des parents, les réseaux sociaux ou d’autres réseaux communautaires. Les désaccords peuvent donc être amplifiés bien au-delà de l’interaction initiale.

Les lois peuvent protéger le personnel, mais…

Le personnel scolaire a le même droit que toute autre personne à un lieu de travail sûr.

Mais les lois ou les codes de conduite ne font qu’établir des limites, restreindre l’accès et prévoir des recours lorsque le comportement devient dangereux. Ils ne peuvent pas adopter un comportement respectueux ou rétablir la confiance une fois qu’une relation s’est détériorée.

C’est pourquoi la législation doit être comprise comme une protection plutôt que comme une prévention. Si un directeur doit empêcher un parent d’entrer dans l’enceinte de l’école ou de contacter le personnel, la relation est déjà en sérieuse difficulté.

Alors, que peuvent faire les écoles et les gouvernements ?

Aucune intervention seule ne peut prévenir les conflits entre les parents et les écoles.

Des attentes claires en matière de communication et de disponibilité du personnel peuvent établir des limites dès le début. C’est là que les codes de conduite ou les accords de comportement des parents peuvent être utiles, en explicitant les attentes en matière de communication respectueuse et les conséquences d’un comportement inacceptable.

Mais il existe peu de preuves démontrant que les contrats eux-mêmes peuvent prévenir ou résoudre les conflits une fois que les relations se sont sérieusement détériorées.

Les chefs d’établissement et les enseignants ont également besoin d’une meilleure préparation pour gérer les conversations difficiles avec les parents, reconnaître quand un conflit s’intensifie et savoir quand demander un soutien supplémentaire. Ils ont également besoin d’un soutien organisationnel pour ne pas se retrouver seuls à gérer une situation jusqu’à ce qu’elle devienne intenable. Cela comprend un processus de remontée d’informations clair et un soutien au niveau supérieur ou au niveau du système lorsque les interactions deviennent persistantes, déraisonnables ou abusives.

Il y aura cependant des circonstances où ces approches ne suffiront plus. Lorsque le comportement devient menaçant, intimidant ou abusif, la priorité doit passer de la réparation de la relation à la protection des personnes impliquées.

Et maintenant ?

Les écoles doivent rester des lieux où les familles peuvent dialoguer, remettre en question et être en désaccord, tout en étant également un lieu de travail où le personnel est en sécurité. Aucun des deux ne devrait se faire au détriment de l’autre.

Une loi peut interdire un comportement abusif, mais elle ne peut pas produire un comportement respectueux. Elle peut protéger le personnel lorsqu’une relation est rompue, mais elle ne peut pas rétablir la confiance perdue.

Ce travail doit commencer beaucoup plus tôt, avec des attentes claires en matière de communication, de plaintes et de comportement acceptable, établies avant que le conflit ne survienne. Les systèmes éducatifs doivent également être prêts à intervenir lorsque les relations commencent à se détériorer.