Pourquoi les bébés qui imitent les gestes sont un bon signe de croissance

Pourquoi les bébés qui imitent les gestes sont un bon signe de croissance

L'actrice Olivia Munn a récemment partagé une adorable vidéo Instagram dans laquelle elle et son petit garçon, Malcom, imitent les gestes de la main de Mulany alors qu'ils sont tous les deux assis sur le canapé. Ni le père ni le fils ne semblent remarquer ce qui se passe, car la mise en miroir semble être inconsciente.

Dans la légende de la vidéo, Munn écrit : « Malcom fait ça depuis qu'il a 10 mois, mais c'est la première fois que je peux le capturer. »

La vidéo a incité de nombreux commentateurs à partager leurs propres observations de leurs enfants les imitant à différents stades. Cela soulève une question intéressante sur la nature et l'éducation : les capacités motrices des enfants se développent-elles réellement par l'imitation, ou cela a-t-il davantage à voir avec la génétique ?

Comment se produit le mimétisme et ce que cela signifie

Une étude de 2023 explique que le processus culturel et social de devenir un être humain repose largement sur l’imitation : les nourrissons imitent les comportements des personnes qui s’occupent d’eux comme moyen d’apprentissage. L’imitation mutuelle entre parent et enfant est un signe de communication, selon l’étude, et cela aide à former des associations entre ce que l’enfant ressent/fait et ce qu’il voit.

Sophie Cress, thérapeute conjugale et familiale agréée (LMFT) et thérapeute Gottman certifiée (CGT) basée en Caroline du Nord, affirme que l'imitation est un mécanisme d'apprentissage de base qui aide les bébés à développer de nouvelles capacités et habitudes, ce qui constitue un aspect important de leur développement.

« Les nourrissons sont très observateurs dès leur plus jeune âge et ils se tournent naturellement vers leurs parents pour savoir comment interagir avec le monde extérieur. »

Cress décrit la propension des enfants à répéter ce qu'ils voient comme plus qu'une simple imitation d'actions ; cela leur permet également de se connecter socialement et émotionnellement avec leurs tuteurs. « L'acte d'imiter renforce le lien entre le parent et l'enfant, établissant un sentiment de stabilité et d'attachement qui est nécessaire à une bonne croissance », dit-elle.

Elle explique ensuite comment l’inclination à imiter est profondément enracinée dans le cerveau du nourrisson, où les neurones miroirs jouent un rôle important.

« Ces neurones s’activent non seulement lorsqu’un bébé exécute une action, mais aussi lorsqu’il observe quelqu’un d’autre effectuer la même action », explique-t-elle. « Ce mécanisme neurologique permet aux bébés d’apprendre en observant puis en reproduisant des comportements, avant même d’en comprendre pleinement le but. Par exemple, lorsqu’un bébé voit son parent faire signe ou applaudir, il peut essayer de faire de même, même s’il ne saisit pas encore le contexte social de ces actions. »

Selon Cress, l’imitation est un précurseur de formes d’apprentissage plus complexes, notamment le développement du langage, l’interaction sociale et la capacité à résoudre des problèmes. En imitant les expressions faciales, les gestes et éventuellement les mots, les bébés construisent les bases d’une communication efficace.

« Ce processus ne consiste pas seulement à apprendre des actions spécifiques, mais aussi à comprendre les intentions et les émotions qui se cachent derrière ces actions », souligne Cress. « De cette façon, l’imitation devient une passerelle vers le développement de l’empathie et de la cognition sociale, qui sont essentielles pour le bien-être émotionnel et social plus tard dans la vie. »

Étapes de l'imitation chez les enfants

Cress dit que les enfants commencent généralement à imiter leurs parents dès leur plus jeune âge, certaines formes d’imitation étant observables même chez les nouveau-nés.

« Dès l’âge de quelques semaines, les bébés peuvent imiter des expressions faciales, comme tirer la langue ou ouvrir grand la bouche lorsqu’ils voient un adulte faire de même », explique-t-elle. « Vers 6 à 8 mois, les bébés commencent à imiter de manière plus ciblée, comme copier des gestes de la main ou des sons vocaux, qui sont souvent des tentatives de communiquer ou d’interagir avec leurs parents d’une manière plus engagée. »

Selon Cress, à mesure que les bébés approchent de leur première année, leur capacité d'imitation devient plus raffinée et intentionnelle. C'est à ce stade qu'ils commencent à reproduire des comportements plus complexes, comme taper des mains, faire des signes ou même essayer d'imiter des mots et des sons simples.

« Ces actions imitatives ne sont pas simplement aléatoires ; elles visent souvent à atteindre un objectif précis, comme attirer l’attention ou susciter une réponse de la part des parents », note Cress. « L’imitation à ce stade est une indication claire du développement cognitif, car elle montre que l’enfant commence à comprendre les relations de cause à effet entre ses actions et les réactions qu’elles provoquent. »

Lorsque les enfants atteignent l’âge de 18 à 24 mois, l’imitation devient un aspect central de leur apprentissage et de leur exploration du monde.

« À ce stade, les enfants imitent non seulement les actions de leurs parents, mais commencent également à intégrer ces actions dans leurs propres jeux et routines quotidiennes », explique Cress. « C’est également à ce moment-là qu’ils commencent à imiter des séquences de comportement plus complexes, comme faire semblant de cuisiner, de nettoyer ou de parler au téléphone, ce qui reflète leur compréhension croissante des rôles sociaux et des activités quotidiennes. »

L'imitation est influencée à la fois par la nature et par l'éducation

Cress observe que l'interconnexion entre l'éducation et la nature est évidente dans la façon dont les bébés copient leurs parents. Selon elle, si la capacité d'imitation est enracinée dans la nature, les façons spécifiques dont elle s'exprime sont en grande partie façonnées par l'éducation. Cela signifie que si la capacité d'imitation peut être déterminée biologiquement, le contenu de ce qui est imité est largement influencé par l'environnement immédiat de l'enfant.

D’un côté, la propension à imiter peut être considérée comme une qualité naturelle et biologique intégrée au cerveau humain.

« Les neurones miroirs le confirment, indiquant que les humains sont biologiquement prédisposés à apprendre par imitation », explique Cress. « Cette capacité à imiter est un élément commun de la croissance humaine, observable dans toutes les nations et sociétés, ce qui implique qu'elle fait partie intégrante de l'évolution de notre espèce. »

D’autre part, l’éducation influence comment, quand et ce qu’un enfant imite.

« L’environnement dans lequel grandit un enfant, y compris les comportements et les actes auxquels il est exposé, a un impact significatif sur sa conduite imitative », note-t-elle. « Par exemple, un enfant qui est régulièrement sollicité par des parents qui utilisent des gestes expressifs, des expressions faciales diverses et une communication verbale riche est plus susceptible de développer des compétences imitatives complexes. »

Ainsi, même si l'imitation en elle-même peut être une chose mignonne à observer pendant que votre enfant est jeune et en développement, elle n'est pas génétique au sens où elle serait transmise comme un trait spécifique. La capacité sous-jacente à apprendre par l'imitation est une partie fondamentale de la nature humaine, façonnée et guidée par l'environnement stimulant fourni par les personnes qui s'occupent d'eux.