Faire sortir les enfants pour aller à l’école me rend fou. Comment rendre les matins plus calmes ?
Amener les enfants à l’école peut donner l’impression de rassembler des chats sous la pluie. Juste au moment où un enfant est prêt, un autre ne trouve pas de chaussure, quelqu’un se souvient de ses devoirs et quelqu’un d’autre se met à pleurer parce qu’il veut plus de petit-déjeuner.
Plus vous vous précipitez, plus cela se dénoue – vous laissant totalement épuisé avant 9 heures du matin.
Existe-t-il une manière plus calme de passer les matinées avec de jeunes enfants ?
Pourquoi les matins peuvent être si durs
La recherche nous apprend que le passage de la maison à l’école est une transition importante dans la journée d’un enfant.
En effet, il combine des exigences développementales, relationnelles et pratiques. Par exemple, un enfant peut avoir du mal à passer du sommeil à l’éveil, ou un autre peut avoir du mal à quitter ou à retrouver ses affaires (par exemple vouloir continuer à jouer avec ses jouets et avoir du mal à localiser sa bouteille d’eau).
En même temps, les adultes jonglent beaucoup mentalement. Ils doivent garder un œil sur l’heure, coordonner les tâches, anticiper ce qui pourrait mal se passer et gérer l’ambiance générale de la maison.
Cela peut rapidement se transformer en un sentiment d’urgence où même de petites perturbations peuvent dégénérer et où tout le monde doit être à l’école et travailler à l’heure.
Je demande, pourquoi ne le font-ils pas ?
Vous avez maintenant demandé neuf fois à votre enfant de mettre ses chaussettes. Et cela n’est toujours pas arrivé.
Mais ce qui peut ressembler à de la « résistance » ou même à de la « désobéissance » peut plutôt refléter le développement de compétences exécutives telles que la planification, l’attention et l’organisation.
Par exemple, votre enfant vous entend lui demander de mettre ses chaussettes, mais il est distrait par les Lego sur le sol de la chambre.
Lorsque vous dites « enfilez vos chaussettes », votre enfant doit vous écouter, rester concentré, garder la consigne en tête, comprendre les étapes et localiser ses affaires. Ils doivent passer du jeu à enfiler leurs chaussettes et gérer toute frustration qu’ils pourraient ressentir.
Les compétences des fonctions exécutives se développent progressivement tout au long de l’enfance et jusqu’à l’adolescence. Il est donc normal que les enfants aient des difficultés avec ces compétences.
Ne chasse pas le chaos
Les matins plus calmes consistent moins à corriger un comportement qu’à créer les conditions idéales pour que les enfants puissent faire ce qu’ils doivent faire.
Vous pouvez le faire grâce à une structure, un soutien et des interactions réactives.
Une façon de reformuler la situation est que le rôle de l’adulte n’est pas de « chasser le chaos » (ou de réagir à tout ce qui se passe), mais de réduire à la fois la charge cognitive et émotionnelle qu’il contient.
Préparer ce que vous pouvez la veille – disposer les vêtements, préparer les sacs et vérifier ce qui est nécessaire – réduit la prise de décision le matin. Cela vous aide alors à être calme et réactif sur le moment.
Les routines prévisibles soutiennent davantage cela. Lorsque les matins suivent une séquence familière, les enfants sont mieux à même d’anticiper ce qui va suivre et de passer plus facilement d’une tâche à l’autre, tout en bénéficiant du sentiment de sécurité que procurent les routines.
Rester calme
La façon dont les adultes réagissent lorsque les choses ne se passent pas comme prévu est tout aussi importante.
Les recherches sur la co-régulation mettent en évidence la manière dont les enfants apprennent à gérer leurs émotions grâce à des interactions chaleureuses et réactives avec des adultes qui peuvent partager leur calme pendant les moments de stress.
Garder la tête froide, baisser le ton et simplifier les attentes peuvent contribuer à désamorcer les situations. Les émotions peuvent être contagieuses au sein des familles, et la capacité de l’adulte à se réguler est essentielle pour aider les enfants à retrouver leur calme et à poursuivre la tâche à accomplir.
Alors au lieu de crier « Finn, si tu ne mets pas tes chaussettes dans cinq secondes, je vais interdire la télé pendant une semaine ! », essayez de vous mettre au niveau de votre enfant, en utilisant un ton calme et en lui donnant une direction claire et simple.
Par exemple, « Finn, je vois que tu es occupé. Il est temps d’enfiler tes chaussettes. Faisons-le ensemble. »
Ou offrez des conseils et une structure doux : « Enfilez d’abord les chaussettes, puis nous irons chercher vos chaussures et nous dirigerons vers la voiture. »
Donner la parole aux enfants
Dans ce cadre, il existe une opportunité d’aider les enfants à prendre des initiatives et des responsabilités. Cela peut inclure de préparer son sac, de préparer une simple partie de son déjeuner (comme ses fruits) et de vérifier une simple liste la veille. Par exemple : ai-je mon chapeau, ma bouteille d’eau et mon pull ?
Les recherches suggèrent que si les parents soutiennent l’autonomie de leur enfant, cela peut renforcer à la fois l’autorégulation et la motivation. En d’autres termes, cela encourage les enfants à s’engager plus volontiers dans les tâches quotidiennes parce qu’ils ont leur mot à dire dans le processus.
Ces moments permettent également aux enfants d’éprouver un sentiment de fierté et d’accomplissement.
« De gros câlins pour une bonne journée, mon pote »
À côté de la structure, les petits moments de connexion comptent.
Des rituels simples comme un petit-déjeuner spécial ou une phrase partagée lorsque vous sortez peuvent renforcer les liens familiaux et adoucir la cohue du matin.
La recherche montre que les routines comportant ces touches améliorent le bien-être car elles sont personnelles et vous connectent les uns aux autres.
Même de petits moments de joie peuvent alléger la pression du temps et créer une ambiance plus calme.
