Le chevauchement du congé parental est une bonne idée – nous avons simplement besoin que davantage de pères le prennent

Le chevauchement du congé parental est une bonne idée – nous avons simplement besoin que davantage de pères le prennent

La proposition du Parti national d’étendre le congé parental payé de 26 à 30 semaines a fait de cette question l’un des premiers sujets de discussion de la campagne électorale.

Et même si l’attention des électeurs se concentrera probablement sur l’impact financier de quatre semaines de congé supplémentaires, la disposition permettant aux parents de chevaucher un congé payé pourrait s’avérer le changement le plus important à long terme.

Cependant, nous savons que les pères peuvent être réticents à profiter d’un congé parental payé s’ils estiment que cela pourrait affecter leurs perspectives de carrière.

Le défi plus vaste consiste donc à encourager davantage de pères à prendre le congé auquel ils ont droit, à normaliser la participation des hommes aux soins et à réduire la stigmatisation professionnelle qui peut entourer le congé.

Pourquoi le chevauchement des congés est important

Depuis 2020, les principaux aidants en Nouvelle-Zélande ont droit à 26 semaines de congé parental payé. Bien qu’une partie ou la totalité de ce droit puisse être transférée à un partenaire, un seul parent à la fois peut recevoir des indemnités de congé parental payé.

Par conséquent, les partenaires qui souhaitent passer du temps ensemble à la maison au cours des premières semaines comptent souvent sur un congé annuel, un congé sans solde, un congé fourni par l’employeur ou des dispositions supplémentaires en matière de congé parental sans solde.

Bien entendu, toute proposition visant à prolonger le congé parental est la bienvenue. La recherche a établi un lien entre un congé parental plus long et un lien parent-enfant plus fort et une meilleure santé mentale maternelle et paternelle.

Toutefois, au-delà du bien-être immédiat de la famille, permettre aux parents de prendre simultanément un congé payé peut s’avérer particulièrement important pour la manière dont les responsabilités en matière de soins sont partagées.

Les premières semaines qui suivent l’arrivée d’un enfant sont souvent celles où les habitudes de prestation de soins commencent à prendre forme. Permettre aux deux parents d’être ensemble à la maison pendant cette période peut aider à établir dès le départ des routines de soins plus partagées.

Cela a des implications importantes pour les carrières des femmes. Lorsque les responsabilités en matière de soins sont partagées plus équitablement dès le début, les mères sont moins susceptibles d’assumer la majeure partie des soins et du travail domestique non rémunérés parallèlement à un emploi rémunéré.

En répartissant plus équitablement les responsabilités en matière de soins, une plus grande implication paternelle peut contribuer à réduire les désavantages professionnels souvent associés à la maternité et favoriser une plus grande égalité des sexes sur le lieu de travail.

Utilisez-le ou perdez-le

Il existe également des implications importantes pour les carrières des hommes. Les pères sont plus susceptibles de prendre un congé parental lorsqu’il est payé. Les congés sans solde peuvent créer une tension directe entre s’occuper d’un nouvel enfant et remplir ce qu’ils considèrent comme leur rôle de soutien de famille.

Permettre aux parents de prendre simultanément un congé parental payé pourrait contribuer à alléger ce fardeau. Mais le soutien financier à lui seul ne suffira peut-être pas.

Les recherches sur ce que l’on appelle souvent la « stigmatisation liée à la flexibilité » suggèrent que les employés qui utilisent des politiques favorables à la famille peuvent craindre d’être perçus comme moins engagés dans leur travail. Les pères sont généralement plus disposés à prendre un congé lorsqu’ils estiment que cela ne nuira pas à leurs perspectives de carrière.

Cela met en évidence le défi politique : concevoir des politiques de congé parental qui encouragent – ​​voire obligent – ​​les pères à y recourir.

Si l’objectif de la politique de congé parental n’est pas seulement une aide financière, mais une véritable égalité entre les sexes, tant dans le travail rémunéré que dans les soins, la Nouvelle-Zélande devra éventuellement examiner la manière dont le congé est attribué.

La Suède fournit un exemple intéressant. Son système de congé parental comprend une part non transférable réservée à chaque parent selon le principe « à utiliser ou à perdre ». L’objectif est d’encourager les pères à prendre congé et à devenir des aidants actifs dès le départ, contribuant ainsi à normaliser la prestation de soins en tant que responsabilité partagée.

En fait, de nombreux pays de l’OCDE offrent désormais une certaine forme de congé payé réservé aux pères ou aux personnes qui ne s’en occupent pas principalement, même si les droits diffèrent sensiblement d’un pays à l’autre.

Remodeler les lieux de travail

Réserver un certain congé à la personne qui s’occupe d’un enfant n’est pas le principal responsable a été associé à une plus grande implication paternelle, à un partage plus équitable du travail non rémunéré et à une réduction de la mesure dans laquelle la prestation de soins interrompt la carrière des femmes.

Lorsque le congé parental devient un élément normal de la vie professionnelle des pères, la prestation de soins est moins susceptible d’être considérée comme incompatible avec l’engagement professionnel. Cela contribue à remodeler les pratiques professionnelles et familiales.

Permettre aux parents de prendre simultanément un congé parental payé pourrait contribuer au bien-être de la famille, encourager la participation des pères aux soins et réduire certains des obstacles qui continuent de façonner la division du travail selon le sexe.

Mais les données internationales suggèrent que le débat devra peut-être à terme aller au-delà de la durée du congé parental et se concentrer davantage sur la manière dont le congé est attribué et utilisé.

La proposition actuelle constitue peut-être un pas important dans cette direction, mais il est peu probable qu’elle marque la fin du débat.