« Non, je veux maman ! » Avez-vous l'impression que votre enfant a un parent préféré ?

« Non, je veux maman ! » Avez-vous l’impression que votre enfant a un parent préféré ?

De nombreux parents ont ressenti la douleur d’entendre « non, je veux maman ! » Ou « seul papa peut me mettre au lit ce soir ».

Cela peut sembler personnel. Les parents peuvent craindre que leur enfant aime davantage l’un de ses parents ou qu’il ait fait quelque chose de mal.

La bonne nouvelle est que ces préférences sont souvent temporaires et font partie du développement normal de l’enfant, plutôt que le signe qu’un parent est moins aimé.

Mais comment ces préférences pourraient-elles se former ? Et quelle est la meilleure façon de répondre ?

Pourquoi les enfants pourraient-ils avoir un « parent préféré » ?

Les recherches sur l’attachement des nourrissons à leurs parents ont constamment montré que les petits enfants peuvent nouer des liens étroits avec plusieurs tuteurs. Mais ils recherchent souvent l’aidant qui leur a apporté plus de réconfort et de soins quotidiens lorsqu’ils sont en détresse.

Par exemple, si maman est avec eux plus souvent, ils sont plus susceptibles d’aller vers maman s’ils tombent et se blessent.

Cela dépend aussi de la situation particulière et de ce à quoi l’enfant est habitué. Si l’un des parents gère presque toujours l’heure du coucher, l’enfant peut protester lorsque l’autre parent prend le relais. Cette réaction peut refléter une méconnaissance plutôt qu’un rejet.

Les préférences peuvent également différer selon les routines particulières. Un enfant peut avoir besoin d’un parent pour les cours de natation et de l’un ou l’autre parent pour les repas. Ces schémas changent souvent à mesure que les enfants grandissent et que les rôles familiaux changent. À mesure qu’un autre soignant s’implique davantage dans les soins quotidiens, les routines scolaires, les devoirs, le sport ou le soutien émotionnel, les préférences des enfants peuvent également changer.

Cela signifie qu’un enfant qui dit « Je veux maman » vous dit généralement qui se sent le plus familier à ce moment-là, et non qui est le plus aimé.

Les enfants recherchent-ils l’option « la plus simple » ?

Les enfants peuvent systématiquement s’adresser à un parent plutôt qu’à l’autre en raison des différences entre les parents.

Par exemple, si un parent est généralement plus strict et l’autre plus indulgent, les enfants découvrent rapidement qui est le plus susceptible de répondre oui à leurs demandes. Au fil du temps, ils peuvent commencer à rechercher le parent qui les aide à obtenir ce qu’ils veulent.

Il est également important de ne pas renforcer le comportement des enfants s’ils continuent de refuser un parent. Si un enfant dit « Je veux seulement papa » et que maman se retire immédiatement, l’enfant apprend que protester est un moyen efficace d’obtenir le parent préféré.

C’est pourquoi il est important de ne pas interpréter une préférence temporaire comme un jugement permanent sur la relation parent-enfant.

Comment les parents devraient-ils réagir ?

1. Ne le prenez pas personnellement

Les demandes des enfants portent souvent sur le confort, l’habitude, la fatigue ou l’émotion lors d’un moment particulier. Répondre par la souffrance, la colère ou la compétition entre les parents peut accroître les tensions familiales.

2. Concentrez-vous sur une implication régulière

Toutes les familles ne peuvent pas répartir équitablement les tâches de soins. Ce qui compte pour les relations d’un enfant, c’est que les deux parents aient des opportunités significatives de s’occuper de l’enfant, de jouer avec lui et d’établir des liens avec lui.

Les petites expériences répétées comptent plus que les grands gestes occasionnels. La recherche montre que les parents qui se sentent en confiance dans leurs routines quotidiennes peuvent les aider à rester impliqués et réactifs.

3. Visez une approche parentale globalement cohérente

Les parents n’ont pas besoin d’être identiques, mais s’entendre sur des règles clés réduit les chances que les enfants jouent un parent contre l’autre.

4. Reconnaissez les sentiments des enfants, mais soyez réaliste

Les enfants ne peuvent pas toujours obtenir ce qu’ils veulent. Parfois, les plans doivent changer. Vous pouvez expliquer cela fermement mais doucement à votre enfant. Par exemple, si papa met un enfant au lit alors que c’est habituellement maman qui fait des histoires, vous pourriez dire :

Je sais que tu voulais maman ce soir, et c’est normal d’être déçu. Mais je te mets au lit ce soir.

Quand ça devient un problème

Il y a des moments où une forte préférence parentale mérite une plus grande attention.

Les parents voudront peut-être consulter un professionnel si la préférence apparaît soudainement après un changement familial majeur (comme une séparation), est extrêmement intense, persiste dans de nombreuses situations ou s’accompagne de difficultés émotionnelles ou comportementales plus larges.

Les programmes parentaux fondés sur des données probantes peuvent aider à renforcer les relations parent-enfant, à améliorer la confiance parentale et à développer des routines cohérentes.

Les recherches de mon équipe ont révélé que les programmes parentaux en ligne et même les séminaires parentaux peuvent améliorer le bien-être des enfants et de la famille.

Cependant, pour la plupart des familles, les préférences des enfants vont et viennent. Ce qui compte le plus n’est pas qu’un enfant choisisse occasionnellement un parent, mais qu’il entretienne des relations chaleureuses et fiables avec les deux. Ces relations stables sont bien plus importantes que la personne choisie pour se coucher ce soir.